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Les supporters du Hertha Berlin ont-ils été victimes de violences policières ?

MUNICH, GERMANY - MAY 15: A fleet of police or Polizei vans are pictured parked near the fans of Bayern Muenchen as they celebrate winning the German Championship title on the town hall square at Marienplatz on May 15, 2016 in Munich, Germany. (Photo by Dean Mouhtaropoulos/Bongarts/Getty Images)

Le choc très attendu entre le Hertha BSC et le FC Schalke 04 devait être l’un des temps forts de la saison en 2. Bundesliga. Samedi soir à l’Olympiastadion, le résultat sportif est rapidement passé au second plan. Un important dispositif policier dans le virage local a provoqué une vive polémique, nourrie par de graves accusations de violences et des versions diamétralement opposées. Explications.

Une ambiance plombée dès l’avant-match

Tout semblait réuni pour une grande soirée. Un Olympiastadion bien garni, Hertha BSC engagé dans la course à la montée et le FC Schalke 04 porté par plusieurs milliers de supporters. Sur le terrain, un 0-0 animé et intense. Dans les tribunes, en revanche, une atmosphère inhabituellement silencieuse.

Très tôt dans la rencontre, les groupes ultras berlinois ont quitté le virage Est. Une décision expliquée en direct par la « Fanhilfe Hertha BSC », qui a dénoncé un important déploiement policier et ce qu’elle qualifie de violences graves à l’encontre de supporters locaux.

La Fanhilfe évoque une « violence policière massive »

Dans un communiqué publié pendant le match, la Fanhilfe a parlé de « violences policières massives », évoquant même des supporters « parfois grièvement blessés ». Elle a décrit une situation tendue dès les contrôles d’accès, accusant les forces de l’ordre de ne pas avoir respecté les accords préalables avec le club.

La Fanhilfe a notamment déclaré : « Dès l’entrée, la police ne s’est une nouvelle fois pas tenue aux accords avec le club et a provoqué les supporters présents. Une interpellation sans raison apparente a déjà eu lieu à ce moment-là. Les provocations des unités se sont ensuite déplacées vers l’entrée du virage. »

Le communiqué parle d’un « point culminant triste d’une spirale d’escalade et de provocations de la police dans l’Olympiastadion, imposée depuis environ six mois ».

La politique berlinoise mise en cause

Les critiques ne se sont pas limitées aux forces de l’ordre. La Fanhilfe a également visé la sphère politique, et plus précisément la sénatrice de l’Intérieur Iris Spranger, présente au stade.

« Des représentants du club ont tenté à plusieurs reprises, en dialogue avec la police, de parvenir à une désescalade. Que cela ne soit manifestement pas souhaité par la direction des opérations et par la sénatrice de l’Intérieur responsable, c’est ce que montre clairement cette journée »

Le club berlinois a de son côté indiqué vouloir échanger avec la sénatrice avant de publier une prise de position commune et concertée.

La police se défend et livre une version opposée

Dans la soirée, la police berlinoise a répondu aux accusations via un communiqué publié sur X. Elle affirme que des violences ont eu lieu avant même le coup d’envoi, imputées à certains groupes de supporters.

La police a expliqué :
« Autour du match de football d’aujourd’hui à l’Olympiastadion, des attaques violentes de certains groupes de supporters contre nos forces sont survenues avant le début de la rencontre. À l’entrée du virage Est, des collègues auraient été insultés par des fans encagoulés, puis visés par des barrières métalliques et attaqués avec des objets contondants. En raison de la situation de violence et de menace, l’usage de gaz lacrymogène a été nécessaire afin de protéger les forces de l’ordre et les spectateurs non impliqués. »

Selon ce bilan officiel, 21 policiers et 31 supporters auraient été blessés lors des incidents.

Un climat de défiance durable

Au-delà de ce match, l’épisode ravive un malaise plus large autour de la gestion sécuritaire des rencontres à Berlin et des relations entre supporters, police et autorités politiques. Le silence des tribunes, l’abandon du virage et la virulence des échanges illustrent une fracture toujours de plus en plus profonde.

En attendant une prise de position officielle du club et d’éventuelles suites, la soirée Hertha – Schalke restera le symbole d’un sommet sportif éclipsé par une crise de confiance majeure autour des tribunes et de leur encadrement.

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Crédit image : Dan Mouhtaropoulos/Bongarts

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