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Ces stades allemands qui n’ont jamais vu le jour !

Ils ont fait rêver les supporters, affolé les architectes et alimenté les débats politiques. Pourtant, ces stades allemands n’ont jamais vu le jour. Entre ambitions olympiques, modernisations avortées et visions futuristes, retour sur ces enceintes qui auraient pu redessiner le paysage du football et du sport en Allemagne.

Südstadion Köln : la mue ambitieuse du Fortuna Köln

Crédit photo : Architektur Ingenieurbüro Billstein

En 2015, le bureau Architektur Ingenieurbüro Billstein a présenté un projet complet de transformation du Südstadion à Köln, antre du SC Fortuna Köln, club évoluant en 3.Liga à l’époque. L’idée ne s’est pas limitée à un simple lifting. Le plan a envisagé une reconstruction totale par phases afin de permettre l’utilisation continue des installations.

Dans un premier temps, une nouvelle salle indoor devait être construite au sud, libérant l’espace nécessaire à l’extension du stade. Quatre terrains d’entraînement réglementaires devaient également voir le jour à proximité.

La deuxième phase prévoyait une nouvelle tribune est couverte de 5 000 places, dotée d’espaces hospitalité et d’infrastructures modernes capables d’accueillir des rencontres professionnelles.

Crédit photo : Architektur Ingenieurbüro Billstein

Enfin, les trois tribunes restantes devaient être remplacées. La piste d’athlétisme devait disparaître pour laisser place à un stade purement football, d’une capacité finale de 20 000 places. Un vrai changement d’identité pour un site longtemps multi-usage.

Le projet est resté au stade de concept. Le Fortuna évolue aujourd’hui en Regionalliga West (D4) et cette “Fortuna Arena” n’a jamais dépassé le stade des rendus 3D.

Le Südstadion de Köln (Cologne) actuellement. Crédit photo : Thomas Starke/Bongarts/Getty Images

Olympiastadion Hamburg : le rêve olympique englouti

Crédit photo : KCAP, Arup, Vogt, Kunst + Herbert | GMP, WES, Drees & Sommer

Hamburg a rêvé grand. Très grand.

En vue d’une candidature aux Jeux Olympiques de 2024, un stade olympique de 70 000 places devait sortir de terre à Kleiner Grasbrook, au bord de l’Elbe. Le projet signé KCAP, Arup, Vogt, Kunst + Herbert, GMP, WES et Drees & Sommer devait initialement marquer la skyline avec une tour monumentale servant à la fois de support de toiture temporaire et de point d’observation.

Crédit photo :  KCAP, Arup, Vogt, Kunst + Herbert | GMP, WES, Drees & Sommer

Le stade devait comporter trois anneaux continus, dont deux niveaux supérieurs temporaires. Après les Jeux, l’enceinte aurait été réduite pour devenir le principal stade d’athlétisme de la ville, tandis que le quartier environnant devait être transformé en zone résidentielle.

Crédit photo :  KCAP, Arup, Vogt, Kunst + Herbert | GMP, WES, Drees & Sommer

Mais le référendum populaire a mis fin au projet olympique. Sans Jeux, pas de stade. Les images restent spectaculaires, mais elles appartiennent désormais à l’histoire des projets abandonnés.


Kickersstadion Würzburg : l’ambition moderne d’un club historique

Crédit photo : GKP Braunschmidt Kurz Architekten

À Würzburg, le projet était plus concret. En 2021, le FC Würzburger Kickers a envisagé un nouveau stade de 15 000 places dans le quartier de Dallenberg, pour un coût estimé à 40 millions d’euros.

L’enceinte ovale devait être orientée différemment de la Flyeralarm Arena actuelle, qui aurait été reconvertie en zone de loisirs avec aire de jeux et parcours d’escalade. Les tribunes entièrement couvertes devaient réduire les nuisances sonores et lumineuses pour le voisinage. Un parking à trois niveaux de 1 600 places avec panneaux solaires devait compléter l’ensemble.

Le stade devait répondre aux exigences des deux premières divisions allemandes. Ironie du sort, Würzburg évolue aujourd’hui en Regionalliga Bayern, loin des standards évoqués à l’époque mais reste engagé dans une lutte acharnée pour remonter au niveau professionnel.

Enceinte actuelle des Würzburger Kickers | Crédit photo : Christian Kaspar-Bartke/Getty Images

Hertha Stadion : Berlin entre tradition, modernité et.. nombreux projets

Crédit photo : Hertha BSC

Depuis des années, le Hertha Berlin cherche à quitter l’Olympiastadion. Trop grand, piste d’athlétisme, distance entre tribunes et terrain, faible potentiel commercial. Les arguments se sont accumulés. Plus de 50 sites ont été étudiés. Plusieurs concepts ont été dessinés, notamment par gmp Architekten, Albert Speer + Partner, puis Lindner Planungsbüro.

Crédit photo : Albert Speer + Partner

La version la plus récente prévoyait un stade de 45 000 places intégré au Parc Olympique, avec 17 000 places debout. L’architecture devait rappeler La Bombonera, avec une tribune nord très raide et une façade composée d’anneaux ondulés.

Crédit photo : Lindner Planungbüro

Coût estimé : 250 millions d’euros. Financement assuré par le club lui-même. Mais entre blocages politiques, débats patrimoniaux et difficultés financières, le projet n’a toujours pas vu le jour.

Le Hertha continue de jouer dans un Olympiastadion souvent trop vaste pour son affluence réelle.

Enceinte actuelle du Hertha BSC | Crédit photo : Maja Hitij/Getty Images

Friedrich-Ludwig-Jahn-Sportpark : la renaissance d’un temple historique

Crédit photo : O+M Architekten

Construit au début des années 1950 dans le secteur soviétique de Berlin, le Friedrich-Ludwig-Jahn-Sportpark a ouvert ses portes le 1er octobre 1952 après avoir été érigé pour accueillir le Festival mondial de la jeunesse de 1951. Implanté dans le quartier de Prenzlauer Berg, à proximité direct de l’actuel Mauerpark, ce site chargé d’histoire a d’abord été un terrain d’entraînement militaire prussien au XIXe siècle avant d’être progressivement dédié au sport.

Rebaptisé en hommage à Friedrich Ludwig Jahn, figure fondatrice de la gymnastique allemande, il est devenu l’un des symboles sportifs de la DDR (RDA), accueillant notamment des matchs du Berliner FC Dynamo, dix rencontres de la sélection est-allemande ainsi que des événements d’athlétisme majeurs, dont le légendaire lancer de javelot à plus de 100 mètres d’Uwe Hohn en 1984. Le « Jahn Stadion » a également accueilli le 1.FC Union Berlin lors de la saison 2008-2009. Historique pour deux raisons : la toute première saison de 3.Liga Allemande remporté par.. l’Union Berlin !

Le Friedrich Ludwig Jahn Stadion avant sa démolition | Crédit photo : Matthias Kern/Getty Images

Avec ses 20 000 places actuelles après rénovation, il demeure aujourd’hui le troisième plus grand stade de la capitale allemande.

Le projet retenu par O+M Architekten prévoit un nouveau stade de 20 000 places avec piste d’athlétisme, façade en verre rouge et promenade suspendue. L’objectif est clair : créer un parc sportif inclusif, adapté aux personnes en situation de handicap.

Crédit photo : O+M Architekten

Coût estimé : 168 à 182 millions d’euros pour le stade, plus de 260 millions pour l’ensemble du complexe.

La démolition a commencé en octobre 2024… avant d’être stoppée pour protéger des moineaux domestiques et leurs 94 sites de nidification. Les travaux ont repris partiellement en 2025 ainsi qu’en ce début d’année 2026. La construction devrait durer jusque 2028. Ce projet, lui, pourrait réellement aboutir.


Et si ces stades avaient changé le paysage du football allemand ?

Entre ambitions olympiques, projets spectaculaires et modernisations devenues indispensables, l’Allemagne a vu émerger de nombreux concepts restés à l’état de maquette.

Certains auraient profondément transformé des quartiers entiers. D’autres auraient redéfini l’identité de clubs historiques. Tous rappellent que le stade dépasse aujourd’hui largement le simple cadre sportif pour devenir un enjeu urbain, économique et politique majeur.

Mais il faut aussi nuancer ce constat. De nombreux projets ont bel et bien abouti ces dernières années. Des enceintes modernes ont vu le jour ou ont été profondément rénovées à Chemnitz, Jena, Essen, Dortmund, München, Rostock, Dresden, Freiburg ou encore Karlsruhe. Autant d’exemples qui montrent que si certains rêves sont restés sur le papier, d’autres ont concrètement redessiné le paysage du football allemand.

Lequel de ces projets vous fascine le plus ? Nous lirons vos commentaires !

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Crédit photo : KCAP, Arup, Vogt, Kunst + Herbert | GMP, WES, Drees & Sommer

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